Vivre à l’intuition

Sacré challenge ! Comment vivre à l’intuition ? Comment écouter toujours ma petite voix intérieure sans pour autant vivre dans les bois, détachée de toute contrainte ? Comment rester le plus possible en accord avec mon moi profond, comment me sentir libre le plus souvent possible ? C’était la recherche de ma vie, et je sais maintenant que c’est possible.

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Le premier défi a consisté à chercher mon intuition : je l’ai trouvée dans une petite voix au fin fond de mes pensées, mais aussi dans mes sensations et mes émotions. Je pense aux fameux « Je le sens bien » ou « Je le sens mal », à la fatigue intense qui m’accable lorsque je dois faire quelque-chose qui me contrarie, aux maux de ventre, de tête face aux contrariétés ou au stress. Je pense aux moments où je me sens étonnamment détendue en présence d’une personne précise, ou au contraire mal à l’aise et anxieuse.

En recherchant mon intuition, j’ai ainsi fait connaissance avec mes besoins profonds, mes besoins humains : besoin d’écoute, d’attention, de sécurité, de considération, de loyauté, d’expression… en reconnaissant les sentiments et les sensations que leur satisfaction ou leur insatisfaction provoquent.

La deuxième étape a consisté à écouter mon intuition, à en tenir compte. Ça s’est corsé, parce qu’il s’agissait de « lâcher prise ». Or, lâcher prise signifie lâcher ma volonté de contrôle, laquelle est provoquée par mes peurs, peur de me tromper, peur d’être trahie, d’être déçue, d’être jugée et j’en passe.

Lâcher mes peurs, donc, et fermer les yeux de ma conscience pour faire confiance à mon subconscient, qui est mon moi profond, mon essentiel. Cette évolution a été difficile car ce qu’indique l’intuition est souvent totalement en contradiction avec ce qu’indique la logique pure. Elle a nécessité que j’accepte une grande part de mystère, et d’être constamment surprise : comment mon ventre savait-il que je trouverais un passage au fond de cette impasse ? Qu’est-ce qui a poussé mes pieds jusqu’à ce bistrot, à ce moment-là, juste quand s’y trouvait la personne qui avait les réponses à mes questions du jour ? Pourquoi ai-je changé mon itinéraire habituel juste le jour où un accident a eu lieu sur ce parcours ?

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Mystère. Mais le jeu en valait la chandelle : lorsque j’ai tout lâché pour écouter mon intuition, tout s’est accéléré, la vie est devenue plus claire et beaucoup plus amusante. Plus besoin de vouloir et de décider : mon intuition sait ce dont j’ai le plus besoin, il me suffit de l’écouter.

Attention, je ne dis pas que cette vie a été tout de suite plus facile. Écouter mon intuition, c’était ouvrir les vannes de mon subconscient, et de là sont remontées des blessures profondes, des peurs ancrées dont je n’avais pas conscience, des déterminismes qui me pourrissaient la vie mais qui étaient pourtant aussi des repères. Le passage de ces morceaux-là a été douloureux, voire même effrayant, mais ils étaient des morceaux de moi, des bouts de mon histoire, alors je les ai accueillis avec douceur et compassion. Ensuite, j’ai pu les laisser partir. La place nette qu’ils ont laissée derrière eux s’appelle « Soulagement », et elle est comme une feuille blanche sur laquelle je peux maintenant tracer de nouveaux dessins, en couleur et en conscience, débarrassée de ces parasites.

Restait la question cruciale : comment écouter mon intuition alors que j’étais engagée dans un tas de contraintes, sociales, professionnelles, familiales ? J’ai décidé de prioriser, et la première chose à prioriser : c’était moi. Non par égoïsme, mais parce que le mal-être d’une personne se répercute sur toutes celles qui l’entourent, d’une manière ou d’une autre. M‘occuper de moi, c’est une manière de prendre soin des autres puisque lorsque je vais bien, je suis réellement disponible pour eux et je rayonne d’énergies positives.

Ceci dit, selon le contexte ou le moment, le plus important pour me sentir bien moi-même peut être de m’occuper de quelqu’un d’autre : si je ne me sens pas l’énergie suffisante pour honorer un repas de famille ou un rendez-vous professionnel, je peux soit décider que rester chez moi me fera du bien et que personne ne m’en voudra si je préviens à l’avance, soit sentir que je serai plus sereine et en accord avec moi-même en ayant respecté mes engagements.

Le piège est de confondre intuition et peur du jugement. Mais j’ai découvert à ma grande surprise qu’en général, assumer de reporter un rendez-vous ne provoquait pas un torrent de reproches, mais encourageait plutôt les gens à s’écouter eux-mêmes à leur tour ! Il n’y a pas de règle, juste le besoin d’écouter son intuition à ce moment-là, et de lui faire confiance.

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Prenez soin de vous… Miam !
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